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 «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota

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Nova Diaz
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MessageSujet: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Sam 21 Nov - 23:06

Cela faisait deux semaines que j'avais posé mes valises au centre Hope et je sentais que j'avais du mal à m'y faire. Bien sûr, c'était une chance inespérée pour moi de ne plus avoir à craindre la famine et d'avoir un toit sous lequel dormir en sécurité, mais il m'arrivait encore souvent de me réveiller en pleine nuit au cas où surviendrait quelqu'un qui me voudrait du mal. Trop souvent, d'ailleurs. C'était une habitude de ne dormir que d'un œil, car lorsque l'on vit dans la rue, on ne peut jamais se sentir en sécurité à cent pour cent. C'était rassurant d'avoir Andy avec moi, mais elle avait catégoriquement refusé de quitter la rue pour venir ici avec moi. Me savoir seule me rendait on ne peut plus malheureuse, bien que je sois sur le point de m'en sortir.
Ce qui était le plus difficile, hormis la solitude, c'était de devoir me réhabituer à vivre en société. Je devais me lever à l'heure, manger avec tout le monde, faire des activités... D'ailleurs, question activités, ce n'était pas trop ça. Je tentais tant bien que mal d'éviter ce qu'ils proposaient, mais je n'avais pas pu fuir longtemps car mes absences avaient été remarquées. C'est pourquoi j'avais été convoquée la veille par l'un des membres de l'administration et que l'on m'avait imposé un rendez-vous avec un psy. Comme si j'en avais besoin, tiens. Une véritable perte de temps, oui !

Il était quatorze heures -drôle de sensation au passage, que de savoir l'heure exacte – et je me trouvais devant le bureau du toubib qui m'était attitré. Sur la porte, je pouvais lire « Dr. Minesota », comme l’État, c'était plutôt marrant qu'ils aient oublié un « n ».
Après quelques instants de réflexion, je me décidai à frapper discrètement à la porte, priant pour qu'il ne soit pas là. Je n'avais aucune envie d'être ici, je n'avais rien à lui dire, à ce type que je ne connaissais même pas. Toutefois, quelque chose me poussait au fond de moi à obéir à la direction, ce qui n'était pas du tout dans mes habitudes, car une toute partie de mon être espérait trouver de l'aide, du réconfort ou n'importe quoi qui puisse me faire respirer après cette longue apnée de cinq ans.

J'entendis une voix dans le bureau qui me demanda d'entrer. Après quelques secondes, j'actionnai la clenche et ouvris lentement la porte, comme si ce qui se trouvait derrière était dangereux. L'homme, qui se trouvait assis derrière son bureau, leva les yeux vers moi, prêt à parler, mais je lui coupai la parole.
« Je n'ai pas besoin d'être ici, il faut que vous le sachiez. Je vais très bien, alors si vous pouviez dire à l'intervenant que je suis bien venue vous voir, ça serait cool. Je peux y aller, maintenant ? »
Il n'y avait aucune chance que ce type me laisse partir, mais au moins, j'aurais essayé. Qui ne tente rien, n'a rien, comme on dit.

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Cello Minesota
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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Dim 22 Nov - 18:55

«Everywhere but here. »


[Du coup j'ai vu que personne a mis de code rp, alors je sais pas si je peux en mettre un mais bon XD]

Le goût amer du café, acheva de me sortir de ma léthargie d’après le déjeuner. Je détestais ce moment, où je sentais mes paupières se faire lourdes. Tout ça parce que je digérais un repas. La tasse en main, je m’installais dans ma chaise de bureau. Je savais que j’avais un rendez vous avec une patiente que je n’avais encore jamais vu. Je me saisis de son dossier. Mieux valait que je le consulte avant qu’elle ne débarque, fasse n’importe quoi, et que je ne sache pas la maîtriser. Bien que Hope ne fût pas forcément le genre d’endroit où on trouvait des gens aussi atteints que cela, il fallait toujours appréhender le pire.
Dans le dossier, était marqué souvent les informations de base de la personne, ses éventuels antécédents judiciaires ou hospitaliers. Il y avait aussi ses problèmes, et donc les raisons de sa présence ici. Nova Diaz, était en somme juste une personne dont les parents étaient suffisamment cons pour avoir la cervelle vide.
Elle n’avait pas l’air d’avoir de problème mental grave. Si ce n’est qu’elle avait vécu longtemps dans la rue. L’image d’un Liffol dans la rue me laissa amer, autant que le café, et je me décidais à boire une gorgée du mien.

Bon. Il n’y aurait pas lieu à vouloir la guérir d’une quelconque maladie. Nous allions sûrement juste discuter, parler d’elle, d’elle et encore d’elle. J’ignorais si Nova Diaz était du genre à supporter les interrogatoires, mais c’était en somme mon métier. De plus, faire parler le patient était la meilleure façon de l’aider à se sentir mieux.
J’attendais donc, vidant un peu ma tasse en même temps. J’entendis quelqu’un frapper à ma porte, lui somma d’entrer, et attendis à nouveau.
Je vis le portrait craché de la photo qu’il y avait sur le papier dans mes mains, faire son apparition. Je voyais clairement à quel point elle n’avait pas l’air d’avoir envie d’être ici. Dans ce bureau. J’allais pour lui pointer la chaise face à mon bureau, quand elle me coupa directement.

« Je n'ai pas besoin d'être ici, il faut que vous le sachiez. Je vais très bien, alors si vous pouviez dire à l'intervenant que je suis bien venue vous voir, ça serait cool. Je peux y aller, maintenant ? »

Bien. Au moins, nous allions bien nous entendre : nous étions direct tous les deux. Il n’empêchait que même si elle n’avait pas envie d’être là, prétextant qu’elle allait bien, on m’avait demandé de m’occuper d’elle. Et personnellement, tout aussi caractériel que je pouvais être, j’aimais obéir à ce qu’on me demandait.

- Bien sûr…. Commençais-je, d’une voix douce ...que non.

J’avais terminé ma phrase d’un ton assez impératif. Je lui indiquais finalement la chaise devant moi, et précisais :

- Installez-vous. Que vous alliez bien ou pas, c’est tant mieux pour vous. C’est sûr que vous devez aller mieux depuis votre arrivée ici. On m’a demandé de parler avec vous. Alors allons-y.

Si elle partait, elle savait ainsi que je préviendrais les gens qu’il faut de sa subite sortie. Je ne faisais que mon métier.

- Vous pouvez me raconter tout ce que vous voulez. Me parler de votre vie dans la rue ou avant. Je m’en moque totalement, c’est votre choix.

Faire parler la personne, l’écouter, prendre des notes, poser des questions. Un schéma banal, mais en somme efficace. Et j’étais sûr qu’elle avait des choses à me dire. Si elle acceptait de rester.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Dim 22 Nov - 23:45

Spoiler:
 

L'espace d'une seconde, j'y crus. Je caressai l'espoir de pouvoir détaler de ce bureau sans un mot de plus, et il brisa ce léger sentiment de soulagement.

« Bien sur... que non, avait-il finalement lâché d'un ton autoritaire. »

Okay, je voyais d'ores-et-déjà le genre de personnage qu'il était. Le genre gros con. Le genre à vouloir m'emmerder à peine eut-il posé les yeux sur moi. Peut-être c'était ma tête qui ne lui revenait pas, si j'avais été jolie par exemple, il m'aurait certainement laissé partir. Ils étaient comme ça, les hommes. Enfin, de ce que j'en avais vu.
Il me montra la chaise face à son bureau, m'intimant de m'y asseoir.

« Installez-vous. Que vous alliez bien ou pas, c’est tant mieux pour vous. C’est sûr que vous devez aller mieux depuis votre arrivée ici. On m’a demandé de parler avec vous. Alors allons-y. »

Je restai bouche bée. Je ne m'attendais pas à ce que ce toubib soit aussi direct, d'habitude ils prenaient tous des pincettes pour nous parler mais là... Je n'eus d'autre choix que de lui obéir et je m'installai sur la chaise, ne pouvant détacher mon regard du sien, que je soutenais avec force.

« Vous pouvez me raconter tout ce que vous voulez. Me parler de votre vie dans la rue ou avant. Je m’en moque totalement, c’est votre choix. »

Le problème, c'était que je n'avais foutrement rien à lui dire, à celui-là ! On ne se connaissait pas, il n'était rien pour moi, pas plus que je ne l'étais pour lui. Une simple patiente, tout au plus. Une patiente qui refusait son aide car elle jugeait qu'elle n'en avait aucunement besoin. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire pour moi, de toute façon ? Qui pouvait réellement faire quelque chose pour moi ?
Cependant, après réflexion, je savais que je n'avais aucune issue. J'étais là, devant lui, impuissante. C'était soit je lui parlais, soit je retournais dans la rue. En Enfer. La Direction de l'établissement n'accepterait jamais le fait que je n'en fasse qu'à ma tête et il était évident qu'ils me renverraient directement de là où je venais si je ne respectais pas leur règlement. D'ailleurs, c'était un des points de ma vie dans la rue qui me manquait le plus : la liberté. Je n'avais besoin d'obéir à personne et je m'étais trop habituée à vivre de la sorte. Recevoir des ordres me déstabilisait et me mettait en colère.

Bon, il voulait faire la causette, c'était son boulot. Je comprenais parfaitement et bien que je n'avais absolument aucune envie d'ouvrir la bouche, je fis un effort. C'était le seul moyen pour pouvoir retourner dans ma chambre au plus vite.

« Honnêtement, je n'ai rien à vous dire. Je ne sais pas pourquoi je suis là, avec vous, dans votre bureau. Et pour vous répondre, je ne vais pas forcément mieux depuis que je suis ici. C'est sûr que j'ai un endroit sûr où dormir et trois repas chauds par jour, ça n'empêche que... je me stoppai. Je lui donnais l'opportunité de voir mon mal-être et même si c'était le but de cette consultation, il était hors de question de lui faciliter les choses. Je sais que vous voulez m'aider, tous autant que vous êtes ici, mais vous le faites suffisamment en m'accueillant. J'aimerais juste être un peu tranquille. Il faut dire que j'ai pas l'habitude d'être autant encadrée et... ouais, ça m'emmerde. »

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Lun 23 Nov - 15:52

«Everywhere but here. »


[Je demandais au cas où xD Y avait personne qui utilisait les codes. ]

J’attendais qu’elle me parle. Je savais que la façon dont je m’étais exposé à elle n’était pas une très bonne façon. Cela pouvait sonner comme si j’étais juste obligé de faire mon métier. Mais ce n’était pas vrai. J’étais vraiment là pour l’écouter parler, et tant pis si ça pouvait être ennuyant au possible. J’aimais ce que je faisais, même si c’était plutôt incongru de ma part.
Mais elle semblait bien sûr plutôt impétueuse. Elle se tût un certain temps. De toute façon, nous avions tous les deux aucun choix : elle devait parler, je devais l’écouter. Et j’étais là pour l’aider. Même si elle était persuadée que je n’avais pas à l’aider. Je devais au moins vérifier ce fait. S’il s’avérait qu’en effet, elle n’avait pas besoin de mon aide, alors je la laisserais tranquille. En attendant, elle devait parler, sinon je ne pouvais pas savoir.
Mais elle me sortit qu’elle n’avait rien à me dire. Qu’elle ne voyait pas les raisons qui l’avaient amené à être en face de moi. Mais elle énonça un fait intéressant. De fait, selon elle, même si elle avait enfin un toit et à manger, cela n’allait pas forcément si bien. Je comprenais ses raisons. Elle désirait qu’on lui foute la paix, c’était un fait. Mais peut-être était-ce parce qu’elle n’avait pas envie qu’on la prenne en pitié aussi. Son cas restait tout de même intéressant, et je décidais de parler à mon tour. Puisque c’était à mon tour, n’est ce pas ?

- Je vois. Vous n’avez pas l’habitude d’être encadrée. Est-ce parce que vous n’avez pas l’habitude qu’on prenne soin de vous et que cela vous déstabilise, voir vous gêne, ou bien juste parce que juste, comme vous dites…  « Ca vous emmerde » ?

Je pouvais parfaitement la comprendre en fait. Moi-même, souvent, j’aurais aimé échapper à cette société où on était obligé de rester sous le regard et le jugement des gens. Sûrement parce qu’ils ne m’acceptaient que très rarement. Moi, et mon maudit caractère.

- Ces séances de psy, ne sont pas réellement obligatoires. Si je prends conscience durant notre séance, que vous ne me mentez pas en disant que vous allez bien, que vous n’avez rien, nos séances s’espaceront en délai, voir disparaîtront.

C’était un fait. Tout le monde n’avait pas forcément besoin de voir un psy. Même si on était au centre Hope, et que ce centre accueillait quand même des gens avec une vie pas très joyeuse. Mais après tout, peut-être avait-elle raison, tiens ? J’en doutais.
Après, elle ne resterait pas forcément toujours à Hope. Si elle commençait à trouver un moyen de gagner de l'argent.

- Ca vous fera un encadrement en moins. Mais pour ça, j’ai besoin que vous me parliez. Par exemple. Comment vous sentiez vous, dehors ? A quoi pensiez-vous ? Et maintenant ? Comment voyez-vous votre avenir ? Comptez-vous rester à Hope ?

De fait, je lui posais des questions, mais c’était pour savoir. On allait parler passé, présent et futur. En somme c’était un bon plan : savoir comment elle se positionnait vis-à-vis de ces trois espaces temps, me permettrait de savoir comment elle allait réellement. Si on avait besoin de continuer à se voir. Si elle était déjà en bonne voie. Après tout, elle était là depuis deux semaines.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Lun 23 Nov - 23:01

«  Je vois. Vous n’avez pas l’habitude d’être encadrée. Est-ce parce que vous n’avez pas l’habitude qu’on prenne soin de vous et que cela vous déstabilise, voir vous gêne, ou bien juste parce que juste, comme vous dites…  « Ca vous emmerde » ? 
- Comme je vous l'ai dit, ça m'emmerde. 
»

J'avais répondu du tac au tac sans même prendre la peine de réfléchir. Et en somme, ce n'était pas tout à fait vrai. Sa question méritait réflexion et au fond, c'était bien parce que j'avais perdu cette habitude d'être chouchoutée. J'étais l'aînée de ma famille, alors oui, j'avais grandi entourée et aimée de tous et par conséquent, me retrouver seule dans la rue m'avait changée.

«  Ces séances de psy, ne sont pas réellement obligatoires. Si je prends conscience durant notre séance, que vous ne me mentez pas en disant que vous allez bien, que vous n’avez rien, nos séances s’espaceront en délai, voir disparaîtront.
- Super. Dans ce cas, je suis à vous. Plus vite on parlera, plus vite on en aura fini avec tout ça.
 »

J'avais hâte de venir au terme de cet entretien, bien que quelque chose me disait que nous allions nous revoir encore et encore avant qu'il ne me lâche la grappe. J'allais devoir l'accepter alors autant faire les choses bien et tenter de ne pas les rendre trop pénibles. Si on s'entendait bien, voire si nous étions dans l'indifférence, c'était toujours mieux qu'un lien tendu.
Il reprit.

« Ca vous fera un encadrement en moins. Mais pour ça, j’ai besoin que vous me parliez. Par exemple. Comment vous sentiez vous, dehors ? A quoi pensiez-vous ? Et maintenant ? Comment voyez-vous votre avenir ? Comptez-vous rester à Hope ?
- Oui, au moins nous sommes sur la même longueur d'ondes.
Je pris un instant pour réfléchir et trouver les mots justes pour répondre à ses questions. Dehors... dans la rue, j'étais fragile, au début. Au tout début. J'y suis quand même restée cinq ans, alors avec le temps, on s'endurcit. Après quelques mois, je suis devenue ce genre de personne que vous qualifieriez de non fréquentable, auprès de vos gosses. Je me sentais bien, dans le sens où je ne devais rien à personne, je n'avais rien à prouver et pourtant, ma vie d'avant me manquait. En fait, c'était surtout mon petit confort qui me manquait. Genre, pouvoir manger quand je voulais, pouvoir prendre de longues douches bien chaudes, dormir dans un lit douillet, regarder la télé, le cul confortablement installé dans le canapé... Tout ça, quand on est SDF, ça disparaît. On ne sait limite plus ce que c'est que pouvoir envoyer un texto à quelqu'un, ou aller sur Internet. »

Je fis une pause, repensant à tout ça. Évidemment, cela me faisait quelque chose. Même si je ne voulais pas l'admettre, ça m'avait toujours plus ou moins manqué. J'avais longtemps ressassé tout ce que j'avais pu avoir dans cette vie passée, me rendant bien compte de la chance que j'avais pu avoir de naître dans une famille qui avait son petit confort, bien que ce ne soit pas non plus extraordinaire. La rue rendait inestimable chaque petite chose qui semblait futile aux gens possédant un toit.

« Je pensais principalement à ma survie. Chaque jour, c'était le même combat pour savoir comment j'allais pouvoir manger. Où j'allais dormir. Est-ce que je serai toujours vivante le lendemain ? »

Je fis de nouveau une pause. Cela me faisait bizarre de me confier autant à un inconnu. Sans que je ne puisse m'en empêcher, je me demandai si il avait été heureux dans son adolescence. Avait-il eu une enfance facile ? Comment avait-il pu en arriver là, devant moi, dans ce bureau ?

« C'est une amie de la rue qui m'a parlé du centre. Alors je suis venue, parce que je n'avais plus possibilité de continuer comme je le faisais. Maintenant, je me sens mieux dans le sens où j'ai retrouvé mon confort. Mais ça me fait chier de plus avoir ma meilleure amie avec moi. Quant à l'avenir, je suis pas du genre à prévoir. J'ai appris que tout pouvait basculer du jour au lendemain alors je ne tire pas de plans sur la comète. Je sais même pas ce que je vais faire en sortant de votre bureau, alors... »

C'était vrai. Peut-être que j'irai faire un tour dans les bois, marcher dans la forêt m'avait toujours apaisée. Le calme, la nature, l'air pur et surtout, la solitude. J'avais besoin d'être seule, pour me retrouver. Je n'étais pas fichue de savoir où j'en étais. La grande question qui me taraudait le plus était de savoir si oui ou non j'avais fait le bon choix en venant ici et en abandonnant Andy dans la rue...

Malgré ces confidences, je ne flanchai pas. Je demeurais impassible, comme si je racontais l'histoire de quelqu'un d'autre, une histoire qui ne me touchait absolument pas. Et pourtant, au fond, j'avais le cœur en lambeaux.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Mar 24 Nov - 17:58

«Everywhere but here. »


Bon, même si ce n’était certainement pas de bonne volonté, la femme accepta de me parler. Je me saisis de ma tasse de café, et l’écoutait. Elle répondit à mes questions. Elle me parla d’elle. C’était tout ce que je lui demandais. Alors que je buvais un peu du liquide noirâtre que je m’étais servi, j’écoutais, attentif, et notait.
J’étais sûr qu’elle serait du genre à se demander ce que je pouvais bien écrire, mais cela ne me dérangeait jamais de montrer mes notes. Je me contentais de faire des résumés. Mon ressenti vis-à-vis de la personne je le faisais mentalement, ou par écrit, mais plus tard, après la séance. J’écoutais donc l’histoire d’une SDF, qui avait du vivre dehors pendant des années. Ses propos ne me surprenaient pas, mais je les notais quand même. Elle insistait sur le confort, ce qui démontrait que ça devait sûrement lui faire quelque chose, d’en retrouver un, ici.
Je la soupçonnais clairement de tout simplement ne plus avoir l’habitude, de ce confort. Cela pouvait arriver, et c’était parfaitement compréhensible. C’était une question d’habitude.
Quand elle fit une pause, je ne fis aucun commentaire. Je savais qu’elle n’avait pas fini. J’en profitais juste pour terminer ma phrase, et boire une gorgée de café. A ce train là, j’aurais terminé de le boire après qu’elle eut terminé son discours.

Elle se reprit, et je fus toujours aussi attentif. Quoiqu’en dise les gens, je pouvais aussi bien exaspérer mon monde, qu’écouter ceux qui m’entouraient. Peut-être parce que j’avais toujours aimé observer.
Ses réflexions se suivaient. J’imaginais la peur avec laquelle elle avait du vivre. Et si ce n’était pas la peur, ça devait être de l’appréhension, de la tristesse. Je me demandais si elle avait déjà songé à tout arrêté. A cesser de lutter pour survivre. Je pourrais peut-être lui demander. J’ignorais si cela m’aiderait à la cerner, et à l’aider. Après tout, ici, elle n’aurait pas forcément à y penser. Elle avait plus de chances de vivre le lendemain.
Je la laissais faire des pauses. C’était un comportement logique chez les gens. Réfléchir, se remettre en question. Elle me parla d’une amie. Que c’était cette amie qui avait parlé du centre. Si c’était cela, pour quelle raison, cette amie n’était pas venue ? Je ne savais pas encore vraiment comment était l’insertion ici, mais si Nova avait pu entrer à Hope, pourquoi pas sa meilleure amie ?

Sa réaction vis-à-vis du futur était logique. Je su, donc, qu’elle arrivait à la fin de son discours. C’était à nouveau à mon tour de parler. Je relis rapidement mes notes. J’avais surtout marqué des phrases courtes, et quelques mots clés.
Je laissais mes yeux dévier vers les siens.

- Je vois. Pensez vous, que la question du « vais-je vivre demain », vous allez vous la poser, ici ? Vous avez retrouvé ce petit confort que vous aviez perdu, mais après tout, vous ne semblez pas apprécier l’encadrement qui vous est imposé.

Et je connaissais des gens, qui pour être libre, préféraient se laisser mourir, même en ayant tout le confort possible. Après, ceux-ci étaient souvent atteint d’un niveau de dépression plutôt élevé. Et je doutais que ça soit le cas de Nova. Mais je demandais quand même.

- De plus, je m’interroge. Vous avez pu venir ici, mais c’est une amie qui vous a parlé de Hope. Pourquoi n’est-elle pas ici avec vous ? Vis-t-elle ailleurs ? Si elle vit à Ashton, vous pouvez toujours la revoir, non ? Comptez-vous la revoir ?

Mais était-ce bon de la laisser garder des liens de la rue ? Après tout, cela pouvait lui rappeler de mauvais souvenirs, la troubler, ou la mettre en danger. J’ignorais ce qu’elle avait bien pu faire durant ces cinq années, mais pour gagner son pain, je pensais bien que ça n’avait pas forcément été toujours rose.

- Est-ce que vous vous plaisez à Hope ? Vous êtes vous fait des contacts, des amis ? Comment vous y sentez vous ? Pas que je souhaite faire un sondage de satisfaction, mais j’aimerais savoir tout de même.

Je concluais, par d’autres questions. Après tout, mes séances étaient toujours faites comme ça, et je savais que je n’étais pas le seul.

- Aviez-vous eut d’autres relations, dans la rue ?

Cette question était assez hasardeuse, mais qu’importe.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Mer 25 Nov - 0:28

Malgré tout ce que je venais de lui déballer, il avait encore des questions. C'était à n'en plus finir. J'avais encore du mal à saisir les limites, s'intéressait-il vraiment à moi ou bien posait-il ces questions uniquement par professionnalisme ? Je lui avais déjà confié pas mal de choses, il me rappelait plus un enquêteur qu'un psy. Enfin, je n'avais encore jamais vu de psy jusqu'à aujourd'hui mais je doutais de la légitimité de ses questions. N'y avait-il donc pas de barrière de confidentialité ? Quelque chose comme une charte, interdisant d'aller trop dans l'intimité des gens ?

« Je vois. Pensez vous, que la question du « vais-je vivre demain », vous allez vous la poser, ici ? Vous avez retrouvé ce petit confort que vous aviez perdu, mais après tout, vous ne semblez pas apprécier l’encadrement qui vous est imposé. 
- Je ne me la pose pas, j'avoue. Je sais qu'en étant logée et nourrie j'ai des chances de survies à cent pour cent. Mais l'encadrement, l'autorité, c'est pas mon truc. Ça ne l'a jamais été d'ailleurs.
»

Cela me rappela une fois, où je devais avoir seize ou dix-sept ans. J'allais en soirée, chez des amis et nous avions volé une bouteille de whisky par flemme de faire la queue au supermarché. Le vigile nous avait vu et à peine nous avait-il interpellé que nous avions détalé comme des lapins. L'âge con. Avec le recul, je me rendais compte que je n'avais pas été une ado spécialement facile. Mes parents en avaient vu de toutes les couleurs à cause de moi. J'espérais que mes cadets étaient plus dociles et je regrettais amèrement de ne pas être là pour le voir de mes propres yeux.

« De plus, je m’interroge. Vous avez pu venir ici, mais c’est une amie qui vous a parlé de Hope. Pourquoi n’est-elle pas ici avec vous ? Vis-t-elle ailleurs ? Si elle vit à Ashton, vous pouvez toujours la revoir, non ? Comptez-vous la revoir ? 
- Elle n'est pas venue parce qu'elle n'était pas prête. Enfin, elle s'en sort bien, elle. Elle loge la plupart du temps chez des amis, donc elle est moins dans la merde que moi je ne l'étais. Elle vit à Medford, un peu plus au Nord. C'est de là que je viens. Je compte la revoir oui, dès que j'aurais une autorisation pour aller en ville. Mais ce n'est pas elle, ma meilleure amie. Là, on parle d'Ina. Ma meilleure amie se prénomme Andy.
»

Je ne m'étalai pas sur le sujet, je n'aimais pas parler de moi et j'aimais encore moins parler de mes amis, surtout quand ils n'étaient pas là. Et pourtant, je savais qu'il me poserait des questions sur elle, alors dans un soupir je commençai mon histoire.

« Andy, je l'ai rencontrée il y a cinq ans. Dès que j'ai atterri dans la rue, elle m'a prise sous son aile et on ne s'est plus jamais lâchées, jusqu'à aujourd'hui. On a absolument tout vécu ensemble, le pire comme le meilleur. Elle a catégoriquement refusé de venir avec moi à Hope, elle est du genre à avoir des convictions, Andy et rien au Monde ne pourrait lui faire changer d'avis. Elle a arrêté de me parler dès que je lui ai parlé du centre et elle m'a laissée partir sans un mot... »

Je m'arrêtai là, sentant les larmes me monter aux yeux. Je ne voulais pas qu'il voie mon point faible. Je ne voulais pas non plus ressembler à ces innombrables gamines qui venaient pleurnicher dans le bureau du psy pendant une heure et qui repartaient le sourire aux lèvres, comme si elle déposaient leurs lots de problèmes sur le pas de la porte.

« Est-ce que vous vous plaisez à Hope ? Vous êtes vous fait des contacts, des amis ? Comment vous y sentez vous ? Pas que je souhaite faire un sondage de satisfaction, mais j’aimerais savoir tout de même. » 

Je souris intérieurement mais ne laissai rien paraître. Il avait cette façon de parler qui avait à la fois le don de m'agacer et de me donner envie de parler. Il n'était pas mauvais comme psychiatre, bien que, encore une fois, je n'avais aucun comparatif.

« Je n'ai pas rencontré grand-monde, faute d'aller aux activités proposées. Vous devez être la troisième personne à qui je parle depuis que je suis arrivée. Je me sens perdue, seule et pourtant trop surveillée. C'est assez difficile à décrire finalement. »

Que pouvais-je bien ajouter ? J'avais l'impression de me repasser la cassette de ma vie en boucle dans ma tête, je n'arrivais pas à penser à autre chose. Il poursuivit.

« Aviez-vous eut d’autres relations, dans la rue ? »

Comme si mon calvaire n'avait pas duré assez longtemps, tiens. Voilà qu'il en remettait une couche ! Je ne pouvais tout de même pas lui dire que j'avais fréquenté des mecs louches, genre Cobra...

« On rencontre beaucoup de gens, quand on est dans cette situation. Evidemment que j'ai eu d'autres relations, mais Andy et Ina sont mes principales. Les plus importantes... celles qui ont changé ma vie à jamais. »

Ouh ! Que c'était dramatique ! J'aurais presque pu faire actrice, tant je me rendais minable rien qu'en évoquant ces deux prénoms. C'en était assez, j'en avais ma claque maintenant. Parler ne me faisais pas de bien du tout, au contraire. Ça me rouvrait des plaies si profondes qu'elles n'avaient pas tout à fait terminé de cicatriser.
Je m'étais efforcée d'être indifférente durant tout l'entretien, presque même agréable, mais là, je me redressai sur ma chaise, prête à me lever. D'une voix sèche, je demandai :

« Est-ce que c'est bon, je peux y aller ? »

Je savais pertinemment qu'il n'allait pas me laisser filer si vite. Il devait se poser mille et unes questions à mon sujet mais j'espérais toujours que la discussion prenne fin et qu'il me dise un truc du genre « à la semaine prochaine ». Cependant, je savais aussi que je n'aurais pas plus envie de venir la semaine prochaine, ni la semaine d'après. Je ne voulais plus parler, j'en avais déjà trop dit.

_________________
Et si plus tard
on voulait connaître mes histoires, combien vaudront vraiment la peine d'être racontées ? Même si, ce soir, je suis touchée parce qu'il est tard, demain j'aurai déjà sûrement tout oublié.


Dernière édition par Nova Diaz le Jeu 26 Nov - 16:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Jeu 26 Nov - 14:59

«Everywhere but here. »


Je continuais d’écouter, ce qu’elle pouvait me répondre après mes questions. Je notais toujours. En fait, je doutais que je la reverrais souvent honnêtement. Pour le moment, je ne détectais pas grand-chose d’alarmant chez elle. Tout ce dont Nova avait besoin, c’est de s’adapter à la vie à Hope, et à reprendre l’habitude d’un confort, et du fait qu’on s’occupe d’elle. C’était mon diagnostic actuel, après qu’elle m’ait répondu quant à la question qu’elle pourrait se poser encore sur sa survie.

Je la laissais me parler de son amie. Apparemment, elle avait en fait plusieurs amies. Je notais les deux noms. Ina et Andy. Bien. Et que devenait Andy, dans tout cela ? Cette question, je n’eus pas besoin de le lui poser, puisqu’elle me répondit sans plus attendre. De ce qu’elle me racontait, la réaction de cette meilleure amie était plutôt catégorique. C’est comme si elle l’avait rejeté. Je me demandais si Nova n’en ressentais pas une petite pointe de culpabilité. Je pouvais toujours lui demander, mais au vu de son caractère, je doutais qu’elle le prenne bien. Mais je m’en fichais totalement : j’avais besoin de faire un diagnostic sur elle, donc qu’importe. Et c’est en faisant réagir le patient, qu’on en apprenait plus sur lui.

Quand je lui demandais pour Hope, je compris rapidement que pour le moment, son intégration n’était pas forcément au mieux. Je m’en doutais déjà. De fait, elle paraissait de toute manière, se sentir comme en prison, presque. C’était après tout dans ce genre d’endroit qu’on se sentait seul et surveillé.
La question était : désirait-elle s’intégrer, ou rejetait-elle cette idée pour le moment, à cause de son rejet de l’autorité et de l’encadrement ? En plus, elle pouvait aussi voir ça comme une trahison vis-à-vis de sa meilleure amie qui ne désirait plus lui parler.
Je songeais au fait que la durée du temps qu’on devrait se voir, serait déterminée par elle seule. Si je constatais qu’elle avait du mal avec Hope, je serais dans l’obligation de continuer mes séances. Alors que si elle s’y plaisait un peu plus dans les jours à venir, elle serait libre. Je n’aurais plus besoin de la voir.

Sa dernière réponse à ma dernière question, ne fut guère surprenante. C’était donc bien Andy et Ina qui comptaient le plus. J’entourais les deux noms, notant quelque chose en tout petit, histoire que seul moi puisse lire ma phrase. C’était pour ne pas oublier mon ressenti envers Andy. Nova m’avait aussi parlé d’Ina, mais cette personne n’était pas un problème. Le fait qu’Andy ait rejeté la blonde, l’était un peu plus.
Alors que je faisais cela, j’entendis Nova perdre patience. Elle voulait s’en aller.

- Pas vraiment. Une séance dure au moins une heure, et ça ne fait…. Je consultais ma montre, rapidement. …Qu’une demi-heure qu’on est ensemble. Je sais que les questions puissent être agaçantes, mais je ne sais pas grand-chose de vous, mis-à-part ce que votre dossier m’indique.

Je jouais un peu avec mon stylo, et l’observait. Honnêtement, elle n’avait pas de problème psychologique grave apparent, mais je sentais qu’elle allait encore devoir me parler pendant quelques séances.

- Ce que je vois pour le moment, c’est que vous avez du mal à vous intégrer à Hope. Sûrement parce que vous avez perdu l’habitude du confort, et parce que vous détestez l’encadrement. Hope n’est pas une prison, pourtant. Vous n’avez pas de chaînes à vos pieds, et vous avez toute la compagnie que vous pouvez avoir. Est-ce parce qu’Andy vous a rejeté depuis votre arrivée ici, que vous ne voulez pas vous attachez aux autres ?

J’avais lancé ma question. Je sentais bien qu’elle ne l’apprécierait pas. Ou qu’elle me démentirait. Mais moi, je voyais les choses comme ça. Après, j’étais toujours ouvert au discours. Mais comme je n’avais pas tous les détails, et qu’elle ne voulait pas m’en parler, détestant se sentir obligé de me parler…On se retrouvait dans une boucle infernale. Peut-être que je me trompais aussi. Si ça se trouve, elle n’avait juste pas encore trouvé le courage de se faire des connaissances, c’est tout.

- Après tout, si vous vous retrouviez d’autres amis ici, ça serait comme trahir cette amitié que vous avez tissée durant des années. Je sais que les liens de la rue, sont peut-être plus forts que les autres.

Je fis une pause dans ce que je disais. Consultant un instant mes notes. M’attendant aussi à ce qu’elle réagisse mal. Mais avant qu’elle parte en guerre contre moi, ou qu’elle parte sans prévenir, je concluais :

- Néanmoins, vous ne semblez pas souffrir de problèmes psychologiques démontrant un besoin de voir un psychiatre pendant des années, si ça peut vous faire plaisir. Me parler servira surtout à vous vider, et à vous permettre de vous intégrer à Hope, et à prévoir un éventuel futur.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Jeu 26 Nov - 16:21

Dis oui, dis oui, dis oui... Je priais du plus profond de mon être pour que sa réponse soit positive, mais une fois de plus, le docteur Minesota brisa mes espoirs.

« Pas vraiment. Une séance dure au moins une heure, et ça ne fait…. Il consulta sa montre, rapidement. …Qu’une demi-heure qu’on est ensemble. Je sais que les questions puissent être agaçantes, mais je ne sais pas grand-chose de vous, mis-à-part ce que votre dossier m’indique. »

Je grimaçai. Encore un échec. Cependant, quelque chose dans sa dernière phrase me fit réagir. Il avait mon dossier, mais voulait tout de même apprendre à me connaître. Je n'étais pas qu'un simple numéro dans sa longue file d'attente, alors ? Il me considérait comme une personne à part entière, privilège que j'avais perdu pendant si longtemps... Rien que pour ça, je décidai de rendre la dernière demie-heure agréable. Il n'allait peut-être pas comprendre ce changement d'humeur, mais ce n'était pas très important. J'étais quelqu'un. Pour la première fois depuis cinq ans, j'avais une identité.

« D'accord, vous pouvez me poser les questions que vous voulez, dans ce cas. »

Je me réinstallai confortablement sur ma chaise, sachant pertinemment que j'y étais encore pour un petit moment. Pour dire la vérité, je n'avais même pas vu le temps passer, les trente premières minutes avaient défilé à une vitesse folle. Si c'était ça, aller voir un psy, c'était bien moins chiant que ce que je m'étais imaginé.

« Ce que je vois pour le moment, c’est que vous avez du mal à vous intégrer à Hope. Sûrement parce que vous avez perdu l’habitude du confort, et parce que vous détestez l’encadrement. Hope n’est pas une prison, pourtant. Vous n’avez pas de chaînes à vos pieds, et vous avez toute la compagnie que vous pouvez avoir. Est-ce parce qu’Andy vous a rejeté depuis votre arrivée ici, que vous ne voulez pas vous attachez aux autres ? »

Une prison. Ce mot me fit un peu redescendre sur Terre. C'était exactement l'impression que j'avais depuis que je vivais ici. Et il avait raison aussi, pour Andy. Ce type était fort, je n'avais rien besoin de lui dire, il n'avait qu'à me regarder pour comprendre. Bon, peut-être aussi que je l'avais mené sur les bonnes pistes en mentionnant mon amie, mais tout de même !

« Je n'ai pas de chaînes au pieds, comme vous dites. Je le sais bien.  Mais comment réagiriez-vous, si pendant des années vous pouviez faire absolument tout ce que vous voulez et que du jour au lendemain on vous instaurait des règles de vie, comme l'heure à laquelle vous allez manger ? »

Je pris un instant pour observer sa réaction. Il n'allait probablement pas apprécier le fait que ce soit moi qui lui pose une question, mais tant pis ! Pour arriver à me comprendre, il  fallait qu'il se mette à ma place.

« Andy ne m'a pas rejetée... C'est moi qui l'ai abandonnée. Je n'ai pas besoin de m'attacher aux autres, s'attacher c'est souffrir et j'ai assez de soucis comme ça. Et puis je n'ai pas eu l'occasion de discuter beaucoup avec les autres. En même temps, je ne fais pas d'activité alors ce n'est pas très étonnant que je sois si seule. Mais vous savez, ça ne me dérange pas, hein. Je suis plutôt solo comme nana. »

Andy. Encore et toujours ce même prénom qui venait me hanter. La cause principale de mon mal-être, dans un lieu où j'étais supposée m'en sortir et retrouver la joie de vivre.
Mon visage s'assombrit et je ne pus me retenir de baisser les yeux pour contempler les lacets de mes baskets usées. Ces baskets, je les traînais depuis le jour où j'avais dû quitter la maison de mes parents. Elles ne m'avaient plus jamais quittées, pas même pour dormir, de peur qu'on ne me les vole. C'était tout ce que j'avais à présent. Une vieille paire de chaussures pourries, qui n'avaient même plus de semelle tant j'avais marché avec.
Le psy poursuivit.


« Après tout, si vous vous retrouviez d’autres amis ici, ça serait comme trahir cette amitié que vous avez tissée durant des années. Je sais que les liens de la rue, sont peut-être plus forts que les autres. »

Qu'est-ce qu'il pouvait bien savoir des liens de la rue ? Il n'avait jamais été SDF que je sache, il n'avait ni le comportement, ni le mental. Il semblait bien trop installé dans sa petite vie pour ça. Bon, il avait raison quant à la solidité des relations entre sans-abris, mais il n'avait pas le statut pour en discuter.
J'allais répliquer mais il continua.

« Néanmoins, vous ne semblez pas souffrir de problèmes psychologiques démontrant un besoin de voir un psychiatre pendant des années, si ça peut vous faire plaisir. Me parler servira surtout à vous vider, et à vous permettre de vous intégrer à Hope, et à prévoir un éventuel futur. »

Je réprimai mon coup de gueule et contre toute attente, un semblant de sourire se dessina sur mon visage. Au moins, je n'avais pas de problèmes psychologiques ! C'était un fait établi à présent. Je me permis même une petite vanne.

« Vous voyez, je vous l'avais dit que j'étais normale. »

Je guettai sa réaction avant de poursuivre. Je ne savais pas du tout si ce type avait un sens de l'humour. Et quand bien même il en aurait un, rien ne me disait qu'il était semblable au mien.

« Vous notez quoi exactement, depuis le début de la séance ? Je dois dire que je n'aime pas trop l'idée de laisser des traces de mon passage ici. »

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Ven 27 Nov - 14:49

«Everywhere but here. »


Je ne savais pas ce qui avait fait qu’elle avait changé d’avis, mais Nova était décidée à ce que je lui pose autant de questions que je voulais. On pouvait aussi parler de tout et n’importe quoi, en vérité. Mais en savoir plus sur elle, sur son ressenti, était toujours ce qui valait le mieux.
Quand je donnais un bout de mes pensées, elle paru dire qu’en effet elle n’avait pas de chaines. Ce dont elle parla n’était pas surprenant. Je ne savais pas ce que c’était, de pouvoir faire ce qu’on veut quand on veut. Jamais on ne m’avait laissé le faire. Peut-être pour ça que je me vengeais en ouvrant toujours ma bouche, sans aucune restriction. Sauf là, puisque j’étais là pour soigner les gens, pas pour les énerver, ce qui arrivait souvent.
Toujours est-il que sa façon de voir les choses était logique. Mais je pouvais toujours lui répliquer autre chose. « Qu’est ce que vous préférez entre faire tout ce que vous voulez, mais avoir peu de chance de survivre, et être un peu plus encadré, mais vivre simplement ». Cela me rappelait vaguement le principe des dystopies. C’était souvent ça.
Nova paraissait me dire qu’elle préférait être seule. Sauf que c’était étrange, puisqu’à sa façon de parler de Hope, elle avait dit qu’elle se sentait seule. Et les gens soulignaient rarement cela, quand ils n’aimaient pas vraiment ça. Mais ils avaient toujours tendance à dire « mais non, j’aime bien la solitude ».
J’aimais bien la solitude moi aussi.

Quand je lui fis un vague diagnostic, elle paru contente de montrer qu’elle était normale. Elle y tenait. A dire qu’elle était normale. Peut-être parce qu’elle avait vécu dans la rue, et que pour certaines personnes, ce n’était pas « normal ». Peut-être voulait-elle prouver que malgré ces cinq années passées dehors, elle restait « normale ». Où bien juste au vu de son ton, voulait-elle faire de l’humour. Drôle d’humour, mais passons.
Mais elle n’était pas normal, personne ne l’était. Pas même moi. Enfin, en même temps, moi je savais que je n’étais pas normal. Après, la normalité était une notion improbable. Elle me demanda ce que je notais. Une question qui ne me surprit pas.

- Je note ce que vous dites. D’ailleurs, j’ai noté que vous aviez précisé que vous vous sentiez seul à Hope. Vous m’avez aussi dit que vous étiez du genre « solo ». La façon dont vous avez établi les deux choses était parfaitement contradictoire. Mais c’est parfaitement normal, vous vous êtes juste résigné mentalement à être seule. Pourquoi ?

J’avais insisté sur le mot normal. Je ne l’avais pas forcément dit en souriant, ou en plaisantant, mais en faisant répercussion avec ce qu’elle avait dire, de façon sarcastique. Moi je préférais le sarcasme.

- Vous avez dit « s’attacher c’est souffrir ». Vous ne voulez pas, parce que vous avez peur qu’on vous rejette ? C’est ça, la souffrance que vous redoutez ?

Moi je ne m’attachais pas, mais c’est parce que peu de gens arrivaient à m’apprécier. Frédéric avait été l’un des seuls, avec Candle. Je ne savais même pas comment Liffol faisait pour m’aimer. Même ici j’avais trouvé quelqu’un avec qui passer mon temps : Judicaël. C’était étrange. Les gens avaient tendance à dire que j’étais une mauvaise personne, mais ils s’attachaient quand même à moi.

- Vous avez peur que si vous vous attachez, la personne finira par ne plus vouloir de vous ? Ou que c’est vous qui finirez par l’abandonner ? Après tout, c’est ce qui est arrivé avec Andy. A moins, que vous ayez peur qu’en vous attachant, vous vous habituiez à être encadré, à ce lieu, à Hope, et que du jour au lendemain on vous mette à la porte ? Comme avec vos parents.

Je savais que ce que je disais n’allait pas arranger sa colère. Parce que j’avais bien vu qu’elle ne paraissait pas forcément contente de ce que je disais. Mais les gens étaient comme ça, ils n’aimaient pas qu’on leur mette la vérité en pleine face, parce qu’ils avaient du mal à l’assumer. Même si, je pouvais toujours me tromper, au niveau de cette vérité.

- Parce que finalement, dans la rue, vous pouviez faire tout ce que vous voulez, c’est vrai, mais je suppose que ce que vous faisiez, c’était surtout survivre. Vous n’étiez pas si libre.

Je la regardais, attendant sa réaction. Je savais qu’elle ne serait peut-être pas positive. Mais peut-être que je me trompais.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Lun 30 Nov - 10:11

A tous les coups, il notait que sous mes airs de fille normale, j'étais complètement à la dérive. Que j'étais une pauvre nana, sans famille, sans amis, sans rien. Que je n'avais pas été sympa avec lui, voire même désagréable au début. Il allait probablement me descendre auprès de l'administration et j'allais devoir vivre de nouveau dans la rue, à l'exception près que je serais seule cette fois.

« Je note ce que vous dites. D’ailleurs, j’ai noté que vous aviez précisé que vous vous sentiez seul à Hope. Vous m’avez aussi dit que vous étiez du genre « solo ». La façon dont vous avez établi les deux choses était parfaitement contradictoire. Mais c’est parfaitement normal, vous vous êtes juste résigné mentalement à être seule. Pourquoi ? »

Je ne savais pas bien si j'étais soulagée ou enragée. Qu'est-ce qui pouvait bien être pire, entre le fait qu'il note ce qu'il pensait de moi ou tout ce que je lui disais depuis le début de la séance ? Au fond, je m'en foutais pas mal de son opinion, ce que je laissais échapper ici était bien plus important. En aucun cas, je n'avais donné mon accord pour qu'il y a une quelconque trace de mon discours !
De plus, cet enfoiré de psychiatre avait lourdement insisté sur le mot « normal », comme s'il se foutait de ma gueule. J'avais une envie irrépressible de lui péter les dents. Il me faisait passer pour une abrutie et je détestais ça.
Mon poing se serra sans que je ne le remarque, serré entre mes genoux.

« Je ne suis pas forcément d'accord, comme je vous l'ai dit, à ce qu'il y ai des traces éventuelles de ce que j'ai pu vous dire ici. Sinon, pour répondre à votre énième question, je me sens seule parce qu'Andy n'est pas là. Je m'en fous des autres tarés qui sont ici, ce n'est pas eux, ce n'est pas vous, qui combleront la solitude que je ressens. Il n'y a qu'elle... »

Je savais bien que ce n'était pas son travail de faire ami-ami avec moi, ni de chercher à m'éviter la solitude. Et quand bien même il aurait voulu, j'aurais été incapable de m'attacher à ce type, ne serait-ce qu'un petit peu.
Andy me manquait, c'était là tout le problème. La raison de la violence et de la solitude qui m'habitaient. Penser à elle nourrissait mes regrets et cela arrivait bien trop souvent à mon goût, ce qui n'était pas pour arranger les choses. Parfois, son image pouvait apparaître dans ma tête, sans que je ne demande quoi que ce soit, et mon cœur se déchirait douloureusement tandis que mon esprit se faisait engloutir par les remords. Si elle avait décidé de venir avec moi pour s'en sortir, pour qu'on puisse prendre un nouveau départ à deux...
Le psy me coupa dans ma réflexion.

« Vous avez dit « s’attacher c’est souffrir ». Vous ne voulez pas, parce que vous avez peur qu’on vous rejette ? C’est ça, la souffrance que vous redoutez ? »

Oui, allez, vas-y, remets en une couche, j'adore. La souffrance que tu devrais redouter toi, c'est celle de mon poing dans ta face.
Je pris une demie seconde afin de souffler et desserrer mes doigts, dont les articulation étaient devenues blanches.

« Je ne crains pas la souffrance, en fait. Oubliez ce que j'ai dit. Au pire, c'est la vie si il arrive une merde, faut faire avec. »

Je ne lui dirai plus rien. Cet homme me rendait dingue ! Un coup il pouvait me donner l'impression de prêter attention à moi, ce qui me donnait envie de m'ouvrir un peu et dans la seconde d'après il me donnait envie de lui arracher les yeux ! Autant rentrer totalement sous ma carapace, de façon à savoir enfin sur quel pied danser.

 
« Vous avez peur que si vous vous attachez, la personne finira par ne plus vouloir de vous ? Ou que c’est vous qui finirez par l’abandonner ? Après tout, c’est ce qui est arrivé avec Andy. A moins, que vous ayez peur qu’en vous attachant, vous vous habituiez à être encadré, à ce lieu, à Hope, et que du jour au lendemain on vous mette à la porte ? Comme avec vos parents. »

« En fait, je me rends compte que vous ne savez absolument rien de moi. Vous êtes complètement à côté de la plaque. Je n'ai rien à ajouter, ça ne sert à rien de vous parler. Alors, voilà, j'arrête. »

Je croisais les bras sur ma poitrine, les yeux rivés sur la fenêtre, décidée à ne plus décrocher un mot jusqu'à ce qu'il me dise que c'était l'heure d'y aller. Ça n'allait pas franchement lui plaire, mais je m'en foutais. Et puis, il ne restait qu'un petit quart d'heure, alors à quoi bon batailler sur quelque chose -à savoir, moi- qu'il ne maîtrisait pas ?
Je venais de lui répéter au moins trois fois que ma solitude était due à l'absence de ma meilleure amie. Je ne voulais pas m'attacher par crainte de l'abandon, que ce soit dans mon sens ou dans celui de la personne concernée. En somme, il avait raison, sur plus ou moins toute la ligne, mais il m'avait trop emmerdée alors j'attendais la fin de l'heure avec impatience.

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MessageSujet: Re: «Everywhere but here. » ft. Cello Minesota   Mar 1 Déc - 14:42

«Everywhere but here. »


Bon. Il semblait qu’avec tout ce que j’avais pu lui sortir, Nova était bien décidé à ne plus parler. Je l’observais, alors qu’elle disait qu’elle arrêterait de parler, et consultais ma montre. J’avais un quart d’heure de silence devant moi. Je pouvais très bien dire que je savais pleins de choses sur elle. Ca aurait été vrai. Et faux. En même temps. Je savais à peu près ce qu’elle attendait de moi en disant « la connaître ».
Je soupirais, légèrement agacé, mais je connaissais ce genre de comportement, et je l’avais un peu provoqué par moi-même.

- Très bien, alors ne parlez plus. Vous en avez déjà dit beaucoup. Finis je par répliquer d’un ton neutre

Je consultais mes notes, j’avais quand même déjà beaucoup d’information. Mais à la provoquer je m’étais trompé, et de fait, je savais que je n’allais plus vraiment pouvoir continuer à en faire grand-chose.

- Je ne vais pas vous obliger à parler, alors que vous n’en avez pas envie. Nous ne sommes pas à un interrogatoire.

Mais de fait, je savais que j’allais quand même devoir la revoir. Seulement, j’aurais peut-être dû quand même la revoir, même si elle m’avait parlé plus. Et pour cause : son problème régnait surtout dans son intégration, et si elle ne s’intégrait pas, je ne pourrais rien faire pour elle. Sinon qu’elle me rende visite. Et qu’elle m’informe de son évolution

- Je vous ai provoqué, et c’est vrai que je n’aurais pas dû. J’essayais juste de comprendre.

Sauf que bizarrement, j’avais cette tendance à aimer provoquer les gens. Aller jusqu’au bout de ce que je pensais d’eux. Juste pour voir jusqu’à quand ils seraient en mesure de me supporter. Sauf que c’était loin d’être un comportement professionnel, et je n’aurais pas du le faire avec elle.

- Bien… Il reste dix minutes. Vous voulez du café ? Un signe de tête suffira pour me donner votre réponse.

Elle ne voulait plus parler, je n’allais pas la forcer. Observant sa réaction, j’allais faire du café. Ensuite, je revins vers mon bureau, à mon ordi, donc je secouais l’écran, faisant apparaître le fond de mon bureau. C’était Liffol, la bouche pleine de nutella, lors d’une soirée crêpes. Sa petite tête blonde avec ses yeux vers illuminés par le simple plaisir de manger du chocolat. On voyait même Capsicum Frédéric II dans le fond, entrain de manger ses croquettes. Même si ça ressemblait surtout à une boule de poil noire.

Mon écran était visible par mes patients, mais juste rapidement. En plus, j’avais tendance à le tourner vers moi, histoire qu’ils ne voient rien. Je le tournais d’ailleurs de mon côté, parce que je ce que je comptais écrire ne concernait pas Nova et était d’ordre du secret médical. J’avais un dossier à terminer et à examiner. J’allais chercher le café qui était prêt pour le servir.

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