Partagez | 
 

 « On t'avait pourtant dit de ne pas parler aux inconnus. » ft. Leo Archer

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nova Diaz
Save me from myself
avatar

Emploi/études : Glandeuse professionnelle.
Messages : 227
Points : 3
Date de naissance : 16/07/1993
here since : 16/11/2015
âge : 23

MessageSujet: « On t'avait pourtant dit de ne pas parler aux inconnus. » ft. Leo Archer   Mar 24 Nov - 0:40

Aujourd'hui, il y avait une sortie de réunion qui rassemblait tout le monde. Ils appelaient ça un « feu de camp ». Je ne savais pas trop ce que je venais y faire, mais c'était obligatoire. C'était la première fois que j'y allais et je n'avais déjà plus qu'une envie : repartir.
On m'avait suffisamment reproché de ne pas participer aux activités du centre et c'était très déplaisant. Ils disaient que Hope était un centre pour se reprendre en main, arriver à aller mieux et tout et tout, mais ils ne nous laissaient même pas le temps de nous retrouver seul avec nous-même, le temps de faire le point sur notre situation.
J'en étais encore à me poser la question de savoir si j'avais fait le bon choix en venant ici. Dans la rue, je n'étais rien, je n'avais rien, mais Andy était là. Ici, je n'avais pas grand-chose de plus, je n'étais pas plus quelqu'un, et Andy n'était plus là. J'avais presque envie de repartir, mais l'idée de l'hiver qui approchait me flanquait une trouille pas possible. J'avais trop longtemps subi le froid, trop de nuits blanches à mon compteur par peur de mourir d'hypothermie dans mon sommeil. J'étais égoïste. Andy allait probablement crever avant le début de l'année prochaine et moi j'étais là, à manger chaud et à dormir dans des draps propres.
Je ravalai les larmes qui me montèrent aux yeux. La boule qui s'était formée dans ma gorge me faisait mal, mais il était hors de question que je ne laisse paraître qui que ce soit. Il y avait tout le monde autour de moi, même si je m'étais installée en retrait, comme à mon habitude. Je n'aimais pas trop me mêler aux autres, attirer l'attention n'était pas ce que je préférais.

Chacun se mit à parler, expliquant le pourquoi du comment ils s'étaient retrouvés là. Leurs histoires ne m'intéressaient pas, j'avais envie de retourner dans ma chambre et de ne plus en sortir. Peut-être même qu'une séance avec Cello aurait été préférable, au moins, ça ne durait jamais trop longtemps. Il y avait bien cette petite blonde que je trouvais mignonne à quelques rangées de chaises, mais impossible de l'approcher, elle était trop loin. Et puis, elle n'aurait peut-être pas eu envie de discuter pour faire passer le temps, elle avait l'air absorbé par ce qu'un grand type blond était en train de dire.
Installée sur ma chaise, je me mis à rêvasser. Chaque moyen était bon pour s'évader et plonger dans ses pensées était moins flagrant que s'endormir.

Soudain, une petite main se posa sur ma cuisse et je ne pus m'empêcher de faire un bond. Une jeune fillette me toisait avec un immense sourire.

« Mais, qu'est-ce que tu fais là ? Elle est où ta maman ? Chuchotai-je. »

Inquiète de voir une enfant dans un tel endroit, je lançai un coup d’œil rapide autour de moi pour voir qui l'accompagnait.

_________________
Et si plus tard
on voulait connaître mes histoires, combien vaudront vraiment la peine d'être racontées ? Même si, ce soir, je suis touchée parce qu'il est tard, demain j'aurai déjà sûrement tout oublié.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Leo Archer
The staff of hope
avatar

Emploi/études : Dans l'administration du centre.
my heart beats : her and her.

Messages : 117
Points : 8
Date de naissance : 18/01/1987
here since : 12/11/2015
âge : 30
dispo rp : 1/2

MessageSujet: Re: « On t'avait pourtant dit de ne pas parler aux inconnus. » ft. Leo Archer   Mar 24 Nov - 2:08

Bosser au centre était un défi dans le sens où me mêler aux autres n'était pas ma tasse de thé. Vraiment pas. Mais il fallait payer les poupées, les trucs de dinettes et autres conneries que Lou réclamait à grand cris. Il fallait que je fasse ce qui était bon pour la miss. Et c'est ce que je faisais. Pourtant j'avais fait en sorte d'avoir un job où le contact avec les jeunes et moins jeunes serait minimum. Parce qu'en les voyant ainsi, il m'arrivait de penser à l'époque où moi même j'étais le type paumé. A près tout, j'avais perdu l'occasion tellement de fois d'avoir une mère pour Lou et ça devenait dur d'imaginer qu'un jour elle aurait une autre vision de la femme que sa nourrice. Elle allait aller à l'école, elle allait bientôt avoir besoin de moins de temps, mais pour le moment, elle avait encore besoin de sentir que je n'étais pas la seule personne dans l'univers à penser à elle.  Parfois, comme aujourd'hui, Lou me suivait au centre. Je n'aimais pas avoir à l'emmener, elle était particulièrement curieuse. Elle s'échappait souvent et la plupart du temps mes collègues la choppait avant. Quelqu'un pouvait m'expliquer pourquoi je ne la trouvais pas. J'étais certains qu'elle était allée voir ces gens qui avaient besoin d'aide. Ceux que je ne voulais pas croiser en somme.

Je regardais partout et finis par trouver un collègue qui m'annonça qu'elle avait rejoint la salle principale, et qu'un feu de camp avait lieu. Je savais que ces moments de réunions étaient sacrés ici et que personne ne devait y assister de l'extérieur. résultat je demandais à un intervenant de la récupérer. Après tout, elle était trop jeune pour comprendre ce que traversait ces gens, et je préférais qu'elle ignore tout de ce genre de problèmes. Certains avaient de légers problèmes, d'autres en avaient de très sérieux. Je dus attendre derrière la porte que le feu de camp soit terminé et je pu voir ma fille papoter avec une des résidentes. J'avais eu son dossier dans les mains récemment, elle n'avait choisit aucune activité et c'était un mauvais signe. ici, on ne forçait personne à s'épancher, mais il était conseillé de faire au moins une activité. Et je savais que si ça remontait dans mon bureau ça voulait dire que tôt ou tard on lui annoncerait qu'elle devait choisir. J'étais ravi de ne pas être de ceux qui devaient le lui dire. Lou était ravie d'être avec autant de gens.

Lou regardait la jeune femme avec des yeux ronds. Sa mère  ? Bonne question, elle demanderait à son père quand elle le verrait, quand il vendrait la récupérer et la gronder. Maman ? Je sais pas moi. Papa il en parle pas. je crois que papa il aime pas maman. Mais bon j'ai que deux ans et demi moi alors je sais pas. Et toi tu fais quoi là ? Papa il m'a dit ici les gens ils disent qu'ils ont des problèmes. c'est quoi des problèmes ? T'as mal ? Moi quand j'ai envie de faire pipi, j'ai mal parfois. Ou quand je cours et que je tombe. T'es tombée ? T'as envie de faire pipi ? Pour elle c'était des questions plutôt censées. Mais elle ne s'imaginait pas que ce puisse être étrange de dire ça. après tout elle avait pas encore trois ans et son monde à elle était encore à découvrir. Elle gardait tout de même sa petite main dans celle de la jeune femme.

J'entendais ce qu'elle disait et ma main s'écrasait sur mon visage, Lou était une bavarde et elle pouvait lui tenir la jambe longtemps. Marrant, même si je n'avais aucune envie d'intervenir, je me disais que si quelqu'un pouvait ouvrir quelqu'un, ce serait bien Lou. elle parlait à n'importe qui sans aucune gêne ni apriori. si j'avais pu apprendre une chose c'est qu'ici, c'était pas facile d'avouer qu'on a besoin d'aide, et je savais de quoi je parlais.

_________________

life is not as easy as you may think
but sometimes we get surprises
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nova Diaz
Save me from myself
avatar

Emploi/études : Glandeuse professionnelle.
Messages : 227
Points : 3
Date de naissance : 16/07/1993
here since : 16/11/2015
âge : 23

MessageSujet: Re: « On t'avait pourtant dit de ne pas parler aux inconnus. » ft. Leo Archer   Mer 25 Nov - 13:13

J'avais beau scruter autour de moi, je ne voyais aucune femme inquiète d'avoir perdu sa fille. Oh bien sûr, tout le monde ici avait l'air d'être une pauvre âme en peine, mais personne ne semblait chercher quelqu'un d'autre. Mes yeux croisèrent celui de la blondinette et le regard d'incompréhension qu'elle me lança me calma. Je ne pouvais pas m'agiter de la sorte sans attirer l'attention et c'était précisément ce que je désirais le moins au monde.
La gamine me répondit.

« Maman ? Je sais pas moi. Papa il en parle pas. je crois que papa il aime pas maman. Mais bon j'ai que deux ans et demi moi alors je sais pas. Et toi tu fais quoi là ? Papa il m'a dit ici les gens ils disent qu'ils ont des problèmes. C'est quoi des problèmes ? T'as mal ? Moi quand j'ai envie de faire pipi, j'ai mal parfois. Ou quand je cours et que je tombe. T'es tombée ? T'as envie de faire pipi ? »

Nom de Dieu, mais quelle pipelette ! Je me demandais quand elle allait bien pouvoir s'arrêter. Les idées fusaient dans sa jolie tête blonde, cela me rappelait un cours du lycée où l'on parlait des enfants précoces. Elle avait quand même commencé par parler de sa mère et avait terminé en me demandant si j'avais envie d'aller aux toilettes ! Et le pire, c'était que dans son esprit, tout était parfaitement lié.
Je fus toutefois touchée par les propos qu'elle avait tenu.

« Comment ça, ton papa il n'aime pas ta maman ? Tous les papas aiment les mamans, tu sais. »

C'était on ne pouvait plus débile, mais je m'étais voulu rassurante. Qui oserait dire à une petite fille de deux ans que son père n'aimait plus sa mère ? C'était tellement horrible ! Il fallait ne pas avoir de cœur pour dire ces choses là.
Je poursuivis, prenant le temps de répondre à ses questions. Peut-être que pendant ce temps, son tuteur, père ou mère, peu importe, arriverait et viendrait la récupérer.

« J'ai des problèmes oui, mais c'est des problèmes de grandes personnes, que tu n'auras jamais, enfin c'est tout ce que je te souhaite. Des problèmes c'est quand on a pas beaucoup de solutions pour vivre heureux, toi tu es heureuse ? »

Voilà que je me retrouvais à faire la nounou psychologue de cette petite que je ne connaissais même pas. Je n'avais jamais vraiment eu de facilités avec les enfants, mais pour une raison des plus obscures, c'était toujours vers moi qu'ils venaient.

« D'ailleurs, comment tu t'appelles ? »

Je pensais à la ramener à l'accueil, elle était forcément liée à quelqu'un du centre et peut-être qu'en demandant à la secrétaire, elle saurait me renseigner. Il fallait que je sorte discrètement. Pour une fois, je me remerciai d'être presque asociale et de m'être installée tout près de la porte. Cela allait être du gâteau.

_________________
Et si plus tard
on voulait connaître mes histoires, combien vaudront vraiment la peine d'être racontées ? Même si, ce soir, je suis touchée parce qu'il est tard, demain j'aurai déjà sûrement tout oublié.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: « On t'avait pourtant dit de ne pas parler aux inconnus. » ft. Leo Archer   

Revenir en haut Aller en bas
 
« On t'avait pourtant dit de ne pas parler aux inconnus. » ft. Leo Archer
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» si près et pourtant si loin.
» Quand papa était petit, il y avait des dinosaures !
» Elle avait le genre de doigts auxquels on aurait aimé entrelacer les siens.
» [Galerie] RoE - Commandos britanniques - Laurent BTL
» Mon histoire, celle d''un éca ordinaire.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Don't give up hope ™  :: 
mount ashland
 :: Hope Center :: Salle principale
-
Sauter vers: